Se faire opérer de l’hallux valgus

se faire opérer de l'hallux valgus

L’année dernière je me suis casé le petit doigt de pied et à cette occasion mon médecin traitant a évoqué le fait que je devrais peut être me faire opérer de l’hallux valgus. De là s’en est suivie des rendez-vous pour arriver à l’opération. Aujourd’hui je souhaite partager cette aventure avec toi.

 

Qu’est-ce que l’hallux valgus ?

 
Derrière ce nom bizarre se cache un mal bénin. Il s’agit en fait d’une inclinaison du gros orteil vers les autres orteils. Cela entraîne généralement une bosse à l’intérieur du pied, certains appellent également ça un oignon. 
Ça faisait un moment que mon mari me disait que l’opération me pendait au nez vu la forme de mes pieds, et vu mes douleurs régulières et de plus en plus fréquentes lorsque je portais des chaussures. Quand mon médecin traitant me l’a dit, ça m’a malgré tout fait tout drôle, car je pensais être loin de devoir faire l’opération. C’est vrai j’ai toujours connu mes pieds comme ça, du moins je n’ai pas souvenir de les avoirs vus s’incliner progressivement. Et puis ce sont mes pieds quoi.
J’ai donc fait une radio et je suis allée chez un chirurgien spécialiste de cette opération. Je me suis dit, j’y vais pour faire taire tout le monde comme ça ils verront bien que je n’ai pas besoin de cette opération.
Sauf qu’à la vue de mes radios le chirurgien a directement dit qu’il fallait opérer. Non pas un mais les deux pieds. D’après lui, je suis à un stade déjà bien avancé vu mon âge.
À partir de là c’était fini je ne l’écoutais qu’à moitié. J’essayais de me concentrer pour ne pas pleurer. J’avais tellement peur de cette opération que je ne m’étais pas faite à l’idée qu’elle pourrait avoir lieu. Pendant que je m’auto gérée, le chirurgien en bon professionnel, m’expliquait comment il allait pratiquer, et d’un coup me propose une date pour l’opération. Je me suis senti comme prise dans un manège que je ne pouvais plus freiner.
 
Je suis sortie du rendez-vous la tête pleine de question, des doutes, la peur… Ça peut te paraître exagéré, mais j’avais entendu tellement de chose de cette opération et pas toujours du bien et c’est pourquoi j’étais dans cet état.
 

Le rendez-vous avec l’anesthésiste

 
Entre le rendez-vous avec le chirurgien et l’opération il y avait 1 mois. Pendant cette période je n’ai cessé de cogiter, et notamment sur l’anesthésie durant l’opération. Celle-ci ne doit pas durer plus de 15 à 20 minutes ce qui n’est rien en soi. Généralement on la pratique en anesthésie locale et en ambulatoire.
Impossible pour moi d’imaginer me faire opérer avec une anesthésie locale, les voir bouger autour de moi, sentir mon corps bouger sans ressentir les choses…. Je suis sujette aux crises d’angoisse et je pense que dans cette situation je n’aurais pas réussi à gérer les choses et je suis certaine que j’aurais fait un malaise.
 
Le rendez-vous avec l’anesthésiste était une pression pour moi. Allait-il accepter de me faire une anesthésie générale ? Allait-il réussir à me rassurer…?
 
Dans la salle d’attente, la porte s’ouvre et je vois un homme avec un air sympathique (comparé à ses collègues) et qui appelle mon nom. Dans le bureau il se présente, explique l’opération et comment cela va se dérouler. Et là je lui parle de mon souhait de l’anesthésie générale et de la raison de ce choix.
 
Il m’a parfaitement comprise et n’a pas cherché à m’en dissuader. Apparemment j’aurais eu plus de problèmes avec ces collègues (je suis donc bien tombé). Je sors donc du rendez-vous soulagé, avec un sourire et enfin prête à affronter l’opération.

 

opération hallux valgus

 

L’opération de l’hallux valgus 

 
Le jour J je m’en souviens comme si c’était hier. Lorsque le réveil a sonné, j’ai encore demandé à mon mari si c’était grave si je n’y allais pas. Je n’en menais pas large j’avoue, mais on a pris la route pour nous rendre à la clinique. 
Une fois là-bas j’ai eu droit à la blouse, la charlotte… J’ai attendu 1 ou 2 heures avant d’être emmené au bloc. J’avais pris de l’homéopathie pour gérer mon stress et je me surprenais à être plutôt détendu. Une fois en bas sur mon lit et sans mes lunettes la pression commençait à monté. J’étais dans une pièce à côté d’autres personnes elles aussi en attentes d’une opération. À ce moment le temps était long. 
 
J’ai vu mon anesthésiste pour la pause de la perf, et quelques instants plus tard me voilà amené au bloc opératoire. Les larmes coulaient le long de mes joues sans doute le stress qui s’évacuait malgré moi. Ni une ni deux ils n’ont pas cherchés à comprendre (et c’est mieux comme ça) que je me suis endormie pour une petite sieste.
 
En salle de réveil, une infirmière me réveille et me demande si ça va. Aucune douleur alors je lui répond fièrement oui, et me mets à pleurer. Mais pourquoi ???? Je ne comprends pas c’est plus fort que moi. Et je me souviens d’une phrase que l’anesthésiste m’avait dit durant le rendez-vous:
 » Vous allez vous réveiller de l’anesthésie dans le même état que vous vous endormirez »
Et bien voilà, je me suis endormie en pleur, je me réveille en pleur. Mais ça n’a pas duré. J’étais un peu dans le gaz et le fait de ne pas avoir mes lunettes pour voir autour de moi m’embêtais un peu, mais sinon tout allait bien.
Je suis resté 1 heure en salle de réveil avant de monter dans ma chambre. Durant cette heure le chirurgien est venu me voir pour me dire que tout c’était bien passé et m’expliquer la suite.
 

Après l’opération

 
Une fois en chambre j’étais contente de retrouver mon mari et fière de lui dire que tout allait bien. C’est à ce moment que les effets « indésirable » d’après l’anesthésie se sont fait ressentir. Nausée, vomissement… Mais étant à jeun encore ça n’a pas été si perturbant.
J’avais droit à un plateau repas composé d’un thé, de pain, confiture, fromage et d’une brioche. J’ai grignoté doucement, mais sûrement et tout est rentré dans l’ordre.
 
En début d’après-midi une kiné est venue me voir pour poser mon orthèse ( c’est une petite boule de pâte qui permet de maintenir mon gros orteil droit quelques semaines), et faire mes premiers pas.
 
Les premiers pas sont étranges. Le pied est endormi de l’opération, et j’ai peur de me faire mal, mais ça va. La kiné me montre également la rééducation que je devrais faire à la maison en bougeant mon doigt de pied plusieurs fois par jour.
Je suis arrivé à 8h30 à la clinique et j’en sortais à 15h30 direction la maison avec une heure de route le pied en l’air. Je n’avais pas le droit de garder le pied en bas trop longtemps à cause de la phlébite. Le retour était tu t’en doutes un peu long et j’avais mal aux fesses d’être mal installé.
 

La première nuit à la maison

 
On m’avait dit que la première nuit pouvait être difficile, car le pied allait se réveiller et que la douleur pouvait être forte. J’ai donc pris les anti douleurs et j’ai fait une nuit idéale. Un peu gêné par les pansements, mais rien de plus. Pas de grosses douleurs, idem pour la journée suivante. 
Sauf que j’avais un médicament pour traiter la douleur qui commençait à me taper sur l’estomac et à me rendre nauséeuse. j’ai donc décidé de l’arrêter et là les douleurs sont devenu très intenses. S’en est suivi 4 jours de très forte douleur. Je n’arrivais même pas à bouger ne serais d’un centimètre sans avoir les larmes aux yeux. Cette situation a duré 4 jours, puis j’ai décidé de reprendre les médicaments et la douleur s’en est allé avec. Étrangement je n’avais plus mal au ventre lorsque j’ai recommencé le traitement. Quand j’ai parlé de ça avec mon chirurgien à la visite de contrôle il m’a expliqué que c’est tout simplement parce qu’à ce moment j’étais tellement prise par la douleur, que j’étais dans un état d’esprit d’acceptation de ces petits aléas bien inférieur à ma douleur du pied.
 
Comme traitement j’avais de l’homéopathie, de la vitamine (que je prenais déjà depuis 1 ou 2 mois avant l’opération), des anti douleurs, et de la morphine. J’ai essayé de ne pas prendre trop de médicaments, mais de gérer vraiment en fonction de la douleur ressentie et de la manière dont je pouvais la gérer.
 

Les 6 semaines après l’opération

 
Je faisais quotidiennement ma rééducation à la maison. Celle-ci consistait à plier et mettre mon gros orteil en mouvement pour qu’il garde de la souplesse.
 
J’ai également fait quelques pas, mais je n’avais pas le droit de marcher plus de 5 minutes par heure. Ceci n’était pas toujours évident lorsqu’on a des enfants. Certaines semaines mon mari était au travail et il fallait préparer à manger, doucher les enfants, les habiller… Heureusement ma maman était là pour m’aider et amener mes enfants chez la nounou. Mon mari m’a également beaucoup aidé dans l’entretien de la maison, les repas… Il faut y penser quand même, car pendant cette période tu es très dépendante.
 
Les semaines passaient et je sentais la douleur de moins en moins présente lorsque je me déplacais, la dernière semaine avant mon rendez-vous de contrôle avec le chirurgien j’avais même réussi à enfiler mes chaussures plates.
 
Au rendez-vous tout allait bien, la consolidation était en cours je pouvais commencer à me déplacer d’avantage, et envisager progressivement la conduite. Et oui pas de voiture pendant 6 semaines minimum.
Mais ça c’était sans conter le choc que je me suis fait au pied les jours suivant le rendez-vous.

 

Te cogner le pied après une opération

 
Comme je te disais tous allez bien, et les choses se mettaient progressivement en place. Je devais reprendre mon activité d’ici 3 semaines. Sauf que je me suis bien cogné le pied opéré au point de faire craquer quelque chose. Je ne te raconte même pas la douleur que j’ai ressentie. À partir de là c’est allé très vite, la douleur intense est revenue au point de ne plus poser le pied à terre. Mon pied a à nouveau doublé de volume, il était bleu et impossible d’enfiler une chaussure.
 
J’ai donc dû refaire une radio pour voir si j’avais déplacé quelque chose et heureusement non. Sinon j’aurais étais bonne pour une nouvelle opération. Cependant je repartais à zéro comme si je venais de me faire opérer et je devais à nouveau faire attention.
Mon rétablissement à donc était plus long que prévu, et j’ai dû avoir une prolongation. Comme après deux semaines j’ai encore du mal à me chausser, que j’ai une partie du pied endormie encore et que je n’ai pas récupéré ma mobilité. Mon médecin traitant m’a prescrit des séances de kiné. Je vais les commencer et je suis impatiente de savoir ce que lui pense de mon pied. Il y a plusieurs choses qui m’embête, des douleurs persistantes (supportable certes, mais constantes), et le fait de ne plus être libre de mes mouvements m’attriste. J’adore les escarpins et pour le moment impossible de me mettre sur la pointe des pieds. j’espère que ceci est provisoire et que ça ira mieux avec les séances de kiné.
 
Voilà où j’en suis maintenant à 11 semaines de l’opération. Le temps me dira si les choses vont s’améliorer ou pas. Mais il y a plusieurs choses que je n’avais pas anticipées ou même imaginé sur les résultats et incidences de l’opération. J’aurais aimé en être informé, voilà pourquoi je partage cette expérience.

16 Commentaires

  1. C’est vraiment pas de bol de t’être cognée ce qui te retarde niveau guérison, j’espère que doucement tout ira bien….
    Pour ma part après mon Arthroscopie en aout 16 afin de nettoyer la synoviale et m’enlever des vis, j’ai toujours mal alors j’espère que toi tout ira nettement mieux et surtout définitivement. Bisous

  2. Merci pour cet article et tous ces renseignements; je dois me faire opérer l’année prochaine et je me rends compte d’après votre expérience que on est bloqué plusieurs semaines!!! il faut vraiment bien anticiper pour le travail!! vous avez dû avoir mal lorsque vous vous êtes cognée!!! bonne fin de rétablissement Carole

  3. J ‘ai été opéré moi des deux pieds hallux vagus et ostéotomie par un excellent chirurgien un orfevre dans le metier, je n ai eu que des petites douleurs superficielles mais endormies par la pompe à morphine :)To article est super bien fait 🙂

  4. Hey coucou ! Je me suis également faite opéré des deux pieds (en même temps car je l’ai demandé). J’ai beaucoup de point de similitude avec ton opération. Rdv pour 9h pour au final rentrer au bloc à 12h. Anesthésie générale mais ils ont du me gazer car j’étais beaucoup trop stressé. Je suis rentré en chambre vers 15h30. Pour ma part je n’ai pas eu le droit de poser un pied par terre pendant 3 semaines. Dormis pendant 1 mois dans le canapé pour pas embêter monsieur la nuit. Moi si je ne prenais pas de médoc la nuit je douillais vraiment beaucoup. L’opération avait bien marché mais malheureusement il faut que je repasse sur le billard pour le faire réopérer le pied gauche car il a repris sa place. Et malheureusement mon rêve de mettre des escarpins un jours tombe à l’eau car mes articulations ne sont plus aussi souple qu’avant à cause des vis… Moi aussi je me suis déjà cogné mais pas au point d’être arrêtée plus longtemps.

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